Certaines personnes atteintes d’un SED regrettent de devoir « récupérer leurs membres au réveil »

l'hypermobilité articulaire

C’est l’une des manifestations-phares du syndrome qui a contribué à sa notoriété surtout à travers les formes spectaculaires dans lesquelles les personnes peuvent toucher le sol, jambes tendues avec la paume des mains, glisser un pied derrière leur tête, sucer leur gros orteil, toucher le bord interne de leur avant-bras en retournant leur pouce, exécuter une rotation totale du pouce sur son axe, faire la grand écart sans difficulté, etc.

Elle n’est pas toujours aussi marquée et surtout varie dans le temps. Elle a pu être importante dans l’enfance et être quasiment absente par la suite. Ceci ne doit pas faire récuser le diagnostic. Ce qui est important comme pour les autres manifestations du Syndrome, c’est qu’à un moment donné de la vie de la personne, elle ait existé. Une quantification a été proposée (test de Beighton) qui ne nous parait pas très utile en pratique quotidienne. Le rachis est concerné par l’hypermobilité, elle concerne le cou surtout où l’on peut constater des déplacements vertébraux bien tolérés habituellement. Cependant, il convient de bien veiller à avoir un appui-tête en voiture pour prévenir les éventuelles conséquences d’un choc arrière. La scoliose est habituelle mais modérée et sans conséquence fonctionnelle sauf dans quelques cas exceptionnels, tout au moins dans notre groupe de patients. L’affaissement plantaire s’apprécie à l’examen au podoscope. Les aspects sont trompeurs évoquant parfois un pied creux qu’il ne faut pas appareiller comme tel sous peine d’échec. Des semelles très simples avec appui sous l’avant pied et soutien plantaire vont contenir les divers éléments du pied et réaliser des stimulations proprioceptives très agréablement perçues par les patients.

Hyperlaxité

Elle peut concerner inégalement les articulations, prédominant le plus souvent aux poignets et aux doigts, aux coudes (recurvatum et abductum parfois très marqués), aux épaules. Les membres inférieurs sont moins concernés. La rotule est parfois très mobile, le recurvatum des genoux nettement accentué mais, il n’y a pas ou peu de mouvement de tiroir et de latéralité. L’instabilité des articulations ne parait pas corrélée avec l’hypermobilité, ce qui montre bien la grande importance des désordres proprioceptifs dans son mécanisme.

Il en est de même pour les luxations et subluxations dont la fréquence et la localisation n’est pas strictement en rapport avec l’importance de l’hypermobilité.

Fragilité vasculaire

Nous avons parfois noté la présence de rétractions, apparemment paradoxales, des muscles ischio-jambiers.