Des surdités ou des hypoacousies, des hyperacousies, des acouphènes, peuvent aussi s’observer. Les manifestations ophtalmologiques sont encore mal identifiées, une manifestation relativement fréquente est la fatigue visuelle douloureuse après un effort soutenu d’attention visuelle (ordinateur, télévision, lecture) avec parfois une baisse transitoire, parfois importante, de l’acuité visuelle allant jusqu’à une « pseudo-cécité ». La myopie apparaît relativement fréquente.

Il n’y a pas de paralysie mais les muscles fonctionnent dans de mauvaises conditions du fait de l’élasticité des tendons, des cloisons intermusculaires, de la mobilité articulaire excessive et des troubles proprioceptifs qui rendent le mouvement incertain et dispendieux en consommation d’énergie au niveau musculaire. Les nerfs superficiels, mal protégées par des parties molles « trop molles », sont menacés de compressions responsables de paralysies le plus souvent incomplètes, en tout cas transitoires.

Les migraines sont souvent mentionnées par les patients, le lien avec le syndrome est probable. Plus récemment nous avons rencontré, chez des personnes avec un syndrome d’Ehlers-Danlos, des troubles cognitifs touchant l’attention et la mémoire de travail qui méritent une plus ample exploration. Bien souvent, les performances scolaires sont remarquables.

Il faut mentionner aussi la survenue de fièvres inexpliquées, parfois élevées, pour lesquelles les bilans infectieux ou inflammatoires sont négatifs.

Les vertiges font discuter l’origine vestibulaire (qui nous semble probable dans certains cas) et les baisses de la pression artérielle, les malaises de type neurovégétatif ou les réactions post prandiales de type hypoglycémique (modifications de l’absorption intestinale). Les modifications de l’odorat peuvent exister dans le sens d’un développement excessif très utile pour dépister les fuites de gaz ou tester les grands crus nous ont confié deux de nos patients.

Les organes préservés (Système nerveux, système osseux) dans le syndrome d’Ehlers-Danlos. Le système nerveux, central et périphérique est indemne ou, en tout cas n’est pas le lieu d’atteintes primitives du fait du processus de la maladie d’Ehlers-Danlos. Par contre, l’atteinte vasculaire pourrait être responsable de lésions nerveuses. Reste à expliquer les troubles cognitifs. Les fractures sont exceptionnelles dans notre série de patients, ce qui peut s’expliquer par la souplesse des tissus qui évitent des contraintes brutales sur le système osseux qui est ici structurellement normal.