Le syndrome d’Ehlers-Danlos n’est pas une contre-indication à la grossesse. Un enfant sur deux, garçon ou fille, sera atteint d’une façon qui est imprévisible aujourd’hui. Le risque de fausse couche n’est pas négligeable et conduit à une surveillance et, si besoin, à des mesures de prévention. Durant la grossesse, les douleurs et les autres symptômes du Syndrome diminuent ou disparaissent et beaucoup de femmes disent que c’était la période la plus agréable de leur vie. C’est là un argument fort en faveur du rôle hormonal dans l’expression clinique du Syndrome d’Ehlers-Danlos. Le port de la ceinture lombo-pelvienne pendant la grossesse est conseillé sans contre-indication obstétricale. Il faut être vigilant au moment de l’accouchement. Le travail pouvant progresser lentement ou être laborieux. La solution de la césarienne est assez souvent choisie sans inconvénient majeur pour la maman. La péridurale est contre-indiquée par certains dans les formes dites vasculaires. Certes une brèche durale est toujours possible (c’est un risque exceptionnel tout de même et qui n’est pas spécifique à ce type d’atteinte) et le risque de saignement qui est commun à toutes les formes du syndrome reste modéré sans conséquences en tout cas durables. Ceci est à mettre en balance avec les souffrances plus marquées chez ces patientes. A tel point que l’une d’entre elle à qui on avait refusé la péridurale s’est bien jurée de ne plus avoir d’enfant. Il faut prendre des dispositions d’installation et de surveillance en cas d’accouchement par voie basse pour éviter la luxation de hanche. Lors de l’accouchement et surtout de la délivrance, il faudra prévoir la compensation de saignements plus abondants que d’ordinaire. La rééducation périnéale du post-partum doit être particulièrement respectée.